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Polígono Sur,
Seville, côte sud
Un voyage par
"Las Tres Mil"
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Un voyage a travers le quartier de Las Tres Mil le projet

A partir d'un matériau particulièrement riche, Las Tres Mil, -et ses artistes de haut niveau, son flamenco revisité par des musiques actuelles, la misère sociale d'une communauté gitane décimée par la drogue-, Dominique Abel et Juanjo Ibanez ont imaginé un documentaire bien mené, dont la progression dramatique serait orchestrée par l'organisation d'un concert en plein air pour le public du quartier et de ses alentours.

Ce concert, qu'artistes et habitants ont soutenu, prit la forme d'un hommage à une des principales vedettes des Tres Mil Viviendas, El Quemao -Le Brûlé-, dit Tio Pepe, mémorialiste, poète et auteur de paroles que tous reprennent, depuis des années, dans la plupart de leurs enregistrements et de leurs tournées musicales.

La préparation du concert, les difficultés à l'organiser dans le quartier (difficile d'avoir accès, par exemple, à certains mythes, comme El Pelayo, qui habite en plein " Bronx ", une des barres des Tres Mil où personne n'ose plus s'aventurer à cause des nombreux vols et assassinats qui y sont commis), ses coulisses et la fête finale, permirent la rencontre de personnages originaux et doués de talent, mais aussi d'habitants du quartier, le plus pauvre de Séville, où s'accordent les peines et les joies de toute une communauté.

Le projet fut développé sous la forme d'un scénario, établi après deux séjours sur place qui ont permis de connaître les différents protagonistes.

Il s'agit d'un documentaire : jamais il ne fut question de demander à ces personnes de jouer un rôle, ou de dire un texte. Par contre, il apparut aux auteurs que le scénario pouvait comporter deux avantages :

A la fin, le film est différent, comme souvent dans un projet de documentaire, mais Dominique Abel et Juanjo Ibanez ont gardé le fil du récit, l'émotion, la force des personnages, la saveur, le charme des situations et des dialogues, autrement dit toute la vérité des Tres Mil, tel qu'elle fut ressentie sur le terrain.

Notes du producteur

Sur un de ces terrains vagues de la périphérie Sévillane, brûlés par le soleil, où s'entassent les barres d'HLM, s'étend le POLIGONO SUR. Il regroupe plus de 40 000 habitants, surtout des gitans, issus des différents quartiers (principalement celui de Triana) qu'ils dûrent quitter en raison de la spéculation immobilière ; ce qui entraîna un déracinement qui les conduisit à la marginalité et, dans certains cas, à la drogue et à la délinquance. Les forces de l'ordre, les chauffeurs de taxis, les balayeurs, ou les pompiers, n'osent plus s'aventurer dans certaines parties de la cité comme celles dites du " Bronx " ou de " Las Vegas " .

Bien que les médias n'en parlent que comme un des quartiers les plus dangereux du pays, c'est tout de même, comme il est dit dans le film, le quartier qui affiche le plus d'art au mètre carré de tout Séville. C'est là qu'on trouve la plus grande concentration de nouveaux artistes du flamenco, célèbres ou inconnus.

Ce quartier a donné naissance à des musiciens aussi importants que, entre autres, " Pata Negra " (Raimundo et Rafael Amador), Juana et Martin del Revuelo, et El Farruco. Mais ce film nous rapproche d'autres artistes qui, bien qu'ils possèdent un talent égal, ne font pas partie du cercle du " show business ", et qui demandent, non pas des mesures répressives, mais un peu de publicité et un soutien social.

Ce film nous montre comment ces gens vivent, en chantant et en dansant au quotidien, et comment les jeunes, malgré les ravages de l'héroïne, perpétuent la musique des anciens. Le flamenco traditionnel est devenu aujourd'hui un métissage, original, de toutes les innovations musicales actuelles, comme le funk, le reggae, le rap, le blues.

" POLIGONO SUR, SEVILLE COTE SUD " est le résultat d'un projet long, complexe et laborieux. Avec un financement difficile et à cause des divers dépassements, le budget final a été d'environ un million d'euros. Le tournage a rencontré de nombreux problèmes, et pas seulement dans le cadre logistique. Il s'est déroulé sur 5 semaines, pendant le mois de novembre 2001, entièrement dans les décors naturels du quartier. Il y a eut plus d'un an et demi de post-production, d'où est sorti un document qui restera dans les annales de l'histoire musicale et sociologique de l'Andalousie.

" POLIGONO SUR, SEVILLE COTE SUD " n'est pas uniquement un documentaire. Les gens y jouent leur propre rôle. C'est la première fois qu'un concert est organisé et produit dans le quartier, soulevant attentes et impatiences, non seulement, à cause de l'intérêt artistique du projet, mais aussi en raison du malaise social qui ne trouve pas de solution dans le quartier.

Après avoir vécu plusieurs jours avec ces braves gens, nous espérons qu'ils vont être d'avantage appréciés, que les spectateurs sauront réfléchir à la solution que pose l'angoissante réalité de cette collectivité sévillane.

Antonio P. Pérez
Maestranza FilmsProduce+Ideale Audience